« Les femmes jouent un rôle-clé dans l’organisation de l’Etat islamique » http://wp.me/p4rGWh-3vh


Voir mon article sur Justin Trudeau qui dit d’«utiliser» le «MOT» FÉMINISTE

Donnez-vous quelques instants pour rire

femmes jouent 1Depuis les attentats du 13 novembre à Paris et la participation d’Hasna Aït Boulahcen dont le corps a été retrouvé après l’assaut de Saint-Denis, la place des femmes au sein de l’organisation de l’Etat islamique interroge. Myrna Nabhan, politologue, revient sur leur action.

Pourquoi jusqu’à présent, les médias, et même la communauté des chercheurs, se sont peu intéressés aux rôles des femmes dans l’organisation de l’Etat islamique?

L’engagement et la participation des femmes à des mouvements extrêmement violents, à l’image de Daech, est rarement traité. La guerre et la violence armée sont perçues comme étant l’apanage des hommes. La société perçoit de manière simpliste la nature féminine, qui tendrait à des comportements pacifistes, incapables de verser le sang, qui requiert une protection.

Pensez-vous qu’il pourrait y avoir des femmes kamikazes, comme on le pensait lors de l’assaut à Saint-Denis? Hasna Aït Boulahcen, si elle n’a pas actionné de ceinture d’explosifs, semble tout de même être impliquée dans les attentats du 13 novembre.

Je pense qu’il est prématuré de parler de « femme kamikaze ». Il ne faut tout de même pas sous-estimer le rôle multiple de femmes. Leurs prérogatives risquent d’évoluer, en fonction de la conjoncture et de la stratégie suivie par l’organisation terroriste.

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Les femmes peuvent-elles combattre ?

Une minorité d’entre elles a un rôle un peu plus actif, notamment dans la ville de Raqqa, le « califat » auto-proclamé de l’EI, où elles intègrent la brigade Al Khansa. Cette unité a la particularité d’être entièrement féminine et fonctionne comme une police des moeurs. Leur mandat est d’appréhender les femmes, qui ne suivent pas leur interprétation ultra-rigoriste de la charia. La création de cette brigade montre le rôle changeant des femmes dans la stratégie du mouvement djihadiste, qui y trouve son intérêt. Cela dit, le rôle des femmes reste toujours très « traditionnel ».

C’est-à-dire ?

Elles demeurent des compagnes dédiées aux tâches ménagères et à l’éducation des enfants. Ainsi, elle incarnent les premiers vecteurs de transmission religieuses et culturelles. N’oublions pas que ce sont leurs enfants qui vont perpétuer le projet extrémiste. Les femmes jouent donc un rôle-clé pour l’Organisation. Et ce n’est pas tout. Elles assurent également la logistique et des tâches de soutien médical. En effet, dans un territoire, dans lequel l’espace des femmes et des hommes est complètement séparé, l’EI a de plus en plus besoin de personnel médical féminin, ne serait-ce que pour s’occuper exclusivement des femmes.

Elles ont également un rôle sous-jacent: celui de rendre visible leur admiration, leur soutien et leur dévotion pour ce genre de mouvement. Le principal rôle de ces femmes se trouve donc sur internet, où elles font de la prédication djihadiste. Elles ont aussi un vrai rôle opérationnel dans le recrutement d’apprenti(e)s.

Comment expliquer le rôle d’une femme comme Umm Sayyaf, veuve d’Abou Sayyaf, capturée en mai 2015. Selon les autorités américaines, elle aurait dirigé un réseau de quelques milliers de femmes, recrutant des adeptes et organisant notamment l’esclavage sexuel?

Cela ne m’étonne guère. D’après des témoignages recueillis lors de mon dernier séjour à Damas le mois dernier, de nombreuses femmes, épouses de djihadistes, seraient liées aux trafics humains et àl’esclavage sexuel.

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La présence des femmes rejoignant les rangs de Daech peut sembler contradictoire, compte tenu de la vision ultra-rigoriste de l’islam de l’organisation.

C’est vrai. Rappelons que l’EI n’est pas qu’un simple groupe terroriste transnational composé de fanatiques religieux barbares et misogynes qui ne veulent qu’oppresser les femmes. C’est aussi une force politique à visée internationale. Le paradoxe est fort: en donnant un rôle plus actif aux femmes, on assiste à l’émergence d’un processus « d’émancipation féminine » dans ce mouvement. Sur les réseaux sociaux beaucoup d’entre elles n’hésitent pas à se présenter comme des femmes fortes. Elles se moquent des stéréotypes de la « femme musulmane opprimée ». Elles vantent d’ailleurs haut et fort leur nouveau djihadi girl power. Elles ne sont plus des « victimes passives », et tentent de s’affirmer à travers l’idéologie djihadiste. Cette « émancipation » émerge aux dépens d’autres femmes.

En offrant cette vision de femmes « émancipées », à une faible mais visible minorité, et en féminisant l’organisation terroriste, Daech fait un calcul stratégique qui développe leur propagande et leur campagne de recrutement.

Source– « Les femmes jouent un rôle-clé dans l’organisation de l’Etat islamique » 

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